Artistes de l’exposition HYBRID+

HYBRID+ réunit une sélection d’artistes contemporains dont les pratiques interrogent les formes d’hybridation entre sculpture, installation, image et technologies. Les artistes présentés développent des recherches plastiques et conceptuelles inscrites dans un contexte international, explorant les relations entre matérialité, espace, corps et dispositifs contemporains. Cette sélection reflète la démarche curatoriale du projet et son ancrage dans les enjeux actuels de la création artistique. 

Andrea Samory est un artiste visuel basé à Tokyo.

Né en Italie, il est diplômé de l’Université de Tokyo et a auparavant travaillé pour Kengo Kuma et Kohei Nawa. Depuis sa première exposition personnelle en 2023, il a exposé en Italie, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, à Hong Kong, en Australie, ainsi que dans plusieurs autres pays.

La pratique d’Andrea Samory explore des images à la fois familières et troublantes, conçues comme un miroir des peurs collectives et des projections liées au futur. En combinant animation, sculpture et impression 3D avec des techniques SFX, il matérialise les imaginaires virtuels qui façonnent notre subconscient contemporain.

Nourri par le réalisme spéculatif et la théorie de l’assemblage, son travail mêle science-fiction, body horror et réalisme magique pour interroger les flux contradictoires d’informations qui traversent notre époque. À travers l’assemblage et la transformation de textures organiques, il crée des formes ambivalentes suscitant à la fois fascination et répulsion, et questionne les notions de croissance, d’entropie et d’hubris humaine.

Andreas Gysin, artiste participant au projet HYBRID+

Andreas Gysin (né en 1975 à Zurich) vit et travaille à Lugano, en Suisse. Artiste, designer et programmeur, sa pratique se concentre sur des installations cinétiques et interactives mêlant code, mécanique, électronique et design visuel.
Depuis 2000, il collabore avec Sidi Vanetti sur des projets de design et de recherche, développés sans finalité prédéfinie. Le duo réalise des installations temporaires et permanentes pour des musées et des espaces publics.
Leur travail explore des images et des motifs issus des géométries typographiques de dispositifs d’affichage existants, sans en altérer la structure. À partir de ces contraintes, ils génèrent des permutations visuelles infinies. Leurs œuvres invitent à porter un regard renouvelé sur les technologies du quotidien.
Ils ont exposé internationalement et leurs travaux font partie de collections publiques et privées en Suisse et à l’étranger.

Aurore le Duc (née en 1988 à Cergy-Pontoise) vit et travaille à Montreuil. Diplômée en 2012 de l’École nationale supérieure d’art de Paris-Cergy, elle développe une pratique pluridisciplinaire qui interroge les relations entre culture savante, élitisme et culture populaire.
À travers le dessin, la peinture, la sculpture, la photographie et les travaux d’aiguille, elle fait cohabiter penseurs, références théoriques et imaginaires issus de la pop culture, tout en s’inscrivant dans une lecture critique de l’histoire des arts et des idées. Son ancrage dans le territoire de Cergy et son engagement local lui ont valu le surnom de « la meuf de Cergy ».
À partir de 2015, elle initie le projet Les supporters de galeries, établissant une analogie entre le fonctionnement du monde de l’art contemporain et celui du football. Ce projet se déploie sous la forme de pièces uniques et de performances, mettant en tension les notions de communauté, de représentation et d’appartenance.

Caroline Delieutraz vit et travaille à Paris. Représentée par la galerie 22,48 m², elle scrute la circulation des images et la manière dont celles-ci transforment nos imaginaires et agissent sur nos consciences. Refusant de se prononcer sur le devenir, utopique ou dystopique, du Web, elle en emprunte la culture de la collaboration et du DIY.
L’artiste collecte des matériaux visuels qu’elle manipule et reconfigure afin de créer des déplacements favorisant l’hybridation et les maillages relationnels. Au sein d’installations mêlant techniques numériques et pratiques artisanales, elle donne une matérialité à des phénomènes fluides et insaisissables. Les constructions et déconstructions qui en résultent rappellent la nature profondément fictionnelle des images.
Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions, notamment à Around Video (Lille), Art Brussels, au Centquatre, à la Gaîté Lyrique, à la Fondation Vasarely, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Maison Populaire (Montreuil), ainsi qu’à la Citadelle de Pampelune.

Melanie Courtinat, artiste participant au projet HYBRID+

Mélanie Courtinat (née en 1993) est une artiste et directrice artistique primée, basée à Paris. Son travail explore le jeu vidéo, l’imagerie CGI, le cinéma et les expériences immersives en réalité virtuelle. Développées principalement avec des moteurs temps réel, ses œuvres ont été présentées à l’international, de la Biennale Venice Immersive à LISTE Art Fair Bâle.
Sa pratique détourne les structures et mécaniques du jeu vidéo (tutoriels, quêtes, PNJ, points de sauvegarde) pour interroger les logiques du jeu et les systèmes de valeurs qu’elles véhiculent, donnant naissance à des méta-jeux sensibles.
Parallèlement à sa pratique artistique, elle dirige des projets de commande pour le luxe, la mode et la haute joaillerie, et collabore avec des créateur·ices issu·es du cinéma, du théâtre et de la danse, en assurant direction artistique et design interactif. Elle intervient régulièrement à l’ECAL et participe à des conférences, mentorats et jurys en Europe et en Amérique du Nord.

Leo Fourdrinier, artiste participant au projet HYBRID+

Léo Fourdrinier (né en 1992) vit et travaille à Toulon. Après une formation au conservatoire d’art dramatique de Nîmes et des études de littérature, il est diplômé de l’École supérieure d’arts et médias de Caen/Cherbourg en 2017.
À la croisée des récits et des formes, ses sculptures et installations se déploient comme des syncrétismes, amalgamant des références issues de la statuaire antique, de la mécanique moto, de la culture pop, de l’art décoratif, de l’archéologie et des sciences. Son travail, fondé sur un sens aigu de la composition, met en tension puissance et sensibilité, structure et beauté, vivant et artifice.
Jouant de l’anachronisme, Léo Fourdrinier réinterprète les mythologies fondatrices à l’aune d’une époque techno-sensible, à travers des matériaux trouvés, industriels ou façonnés, proposant une vision hybride, surréaliste et intime.
(Texte : Guillaume Mansart, Documents d’artistes PACA, 2024)

Johanna Jaskowska est une artiste visuelle et technologue créative basée à Madrid, reconnue pour son rôle pionnier dans les nouvelles formes de beauté et d’identité numériques. Elle s’est fait connaître internationalement grâce à son filtre en réalité augmentée Beauty3000, devenu viral avec plus de 500 millions d’impressions et ayant marqué un tournant dans l’esthétique digitale.
Son travail établit un dialogue étroit entre beauté, mode et technologie à travers des expériences immersives qui interrogent la perception et la notion de réalité. En 2019, elle co-crée et vend la première robe numérique sur blockchain, ouvrant la voie à la couture virtuelle et à de nouvelles formes de propriété numérique dans la mode.
Son approche l’a conduite à collaborer avec des figures et maisons majeures telles que Lady Gaga, Givenchy, Nike et Mercedes-Benz, et son travail a été présenté dans Forbes, Vogue et Dazed. Aujourd’hui, elle explore activement les potentialités créatives de l’intelligence artificielle et développe PATIO, un studio de design spéculatif et de création d’images pluridisciplinaires à Madrid.

Le travail d’Amélie Bernard interroge le caractère révolu de notre époque en explorant le présent comme un temps déjà enfoui. Loin du spectaculaire, son regard se porte sur les traces, les fragments et l’éparpillement des signes laissés par la modernité.

À travers des objets et des architectures présentés comme des vestiges archéologiques, ses œuvres déplacent notre perception du quotidien, révélant des formes désinvesties de leur fonction première. La ruine, la perte de matière et la dégradation deviennent des outils pour penser la persistance du temps et la mémoire des choses.

Marquée par son expérience à Beyrouth, où passé, présent et futur coexistent dans un paysage en perpétuelle mutation, l’artiste développe une œuvre habitée par les notions de ruine, de transformation et de survivance. Ses installations proposent un futur déjà ancien, un temps instable où les vestiges interrogent notre rapport au présent et invitent à envisager de nouvelles manières de préserver la mémoire.

 

FANNY GARNICHAT

Portrait de l’artiste Fanny Garnichat dans son atelier, devant des œuvres mêlant formes organiques et dessins délicats.

Fanny Garnichat est artiste plasticienne. Son travail explore les relations d’interconnexion au sein du monde vivant, en mettant en dialogue les échelles microscopiques et cosmiques. Par une attention portée aux détails, elle révèle des correspondances sensibles entre formes naturelles, structures biologiques et ensembles plus vastes.

Inscrit dans un néo-rococo contemporain, son univers mêle ornement, onirisme et étrangeté. Insectes, coquillages, coraux ou cellules entrent en résonance avec le corps, la forêt ou les constellations, brouillant les frontières entre l’infiniment petit et l’immensément grand.

Sa pratique du collage-assemblage associe images existantes et matériaux de seconde main, naturels ou manufacturés, nobles ou ordinaires. Par ces hybridations, l’artiste revalorise l’existant et invite à un déplacement du regard, attentif aux continuités invisibles qui structurent notre environnement, en écho direct avec les enjeux de HYBRID+.